Et si…

Clotilde Escalle – « Mangés par le terre »

A lu. A beaucoup aimé. Vous conseille fortement : Clotilde Escalle, « Mangés par la terre », Editions du Sonneur, 2017.

« Là ou ailleurs. Des créatures spectrales, obligé de faire avec, avec quoi, avec la misère, le ventre gros de la jeune fille debout entre deux caravanes, jeune et déjà rien dans le regard, aucune perspective. (…) Les laissés-pour-compte et leur attirail de tristesse. »

En début de lecture, j’ai cru m’être trompée, je m’étais plongée sans le savoir dans un roman américain, de ceux qui nous emmènent dans un village isolé de l’Amérique profonde, village-prison pour êtres paumés, voire tarés. Mais non, dans « Mangés par la terre » nous sommes bien à Copiteau, un village reculé du centre de la France, et nous passons et repassons d’un personnage à l’autre : les frères sadiques, l’autre débile mais poète, la jeune « folle » et sa mère monstrueuse d’égocentrisme, la « trainée » qui rêve d’Amérique justement, le notaire frustré…

Le bonheur et les joies se font rares, à la limite, certains en trouvent-ils de petits bouts dans les rêves ou les mots lus et écrits. La vie elle, n’apporte que souffrance, cruauté et tristesse. On étouffe sous le poids de la terre, du milieu fermé sur lui-même, on rage face à tant d’impuissance, de culpabilités multiples (ah cet « asile » et ces médecins) et de déterminisme… et on a mal pour eux, pour elles… et en même temps, on est presque gêné d’admirer la beauté de l’écriture de Clotilde Escalle…

« Puisque les filles sont faites pour se soumettre au désir, à genoux, vas-y, suce ma belle, je te fais cet honneur. Et meurs de n’être rien d’autre qu’une petite déesse de rien du tout, perdue dans ses peurs et ses rondeurs, zélée, obéissante. Suce, pompe, et couche-toi là, petite madone toute sale, ouvre-toi, je te filme, ouvre plus que ça, oui c’est ça fais semblant de lire, de penser, il n’y a que ton cul et à la fin ta jouissance qui m’intéressent. Allez, petite putain. »

(Livre reçu et lu dans le cadre de La voie des Indés de juin 2017)

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Un commentaire sur “Clotilde Escalle – « Mangés par le terre »

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Cette entrée a été publiée le 22 juin 2017 par dans Littérature, et est taguée , , , , , .

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