Et si…

Davide Cali et Serge Bloch – « L’ennemi »

Pour la voie des Indés de janvier, j’ai eu à faire un choix difficile entre l’éditeur Gallmeister et ses romans états-uniens (avec notamment ce titre tentant : « Traité du zen et de l’art de la pêche à la mouche », de John Gierach) et l’éditeur de jeunesse Sarbacane et ses beaux albums. Je me suis alors souvenue de mon intérêt-amour passé pour ces si beaux et souvent poétiques albums jeunesse qui, non, vraiment non, ne sont pas que pour les enfants. Je me suis également souvenue que j’avais un fils de 5 ans et j’ai donc sauté sur l’ennemi !

Je l’ai lu et j’ai eu un peu peur : mon ressenti-opinion d’adulte est-il intéressant et pertinent  ? Est-ce le même que celui d’un enfant ? Eh bien, je n’en sais rien ! Je crois que je crains un peu de ne plus trop savoir ce que c’est d’être une enfant… Soit ! Je vous donnerai donc mon impression de grande (mais parfois petite par ses émotions) et celle de mon fils !

Pour résumer ce livre, on pourrait reprendre cette phrase de Desproges (merci papa) : “ L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui !” ou encore celle-ci plus universelle (ou juste de moi ? allez savoir) : « L’autre (l’ennemi), c’est nous/c’est moi ». C’est du moins, ce que découvre un soldat perdu, seul, à la guerre, au fond de son trou, et ce qui nous est montré petit à petit, au fil des pages. Finalement, sans la propagande et nos croyances qui nous aveuglent, jamais nous n’aurions l’idée de chercher à tuer l’autre et à en faire notre ennemi !

Alors, je l’ai lu et relu, seule et accompagnée et je peux vous dire qu’il m’a touchée, cet album, surtout lors de ma lecture avec mon fils lorsque j’ai senti sa propre émotion et que j’ai vu que le « message » passait (malgré son jeune âge). Alors bien sûr, je n’ai pas accroché sur les mêmes choses. Par exemple, les passages sur les étoiles ou la pluie qui m’ont tout particulièrement parlé, ont laissé de marbre le 5-ans :

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( « non, c’est faux » s’obstinait-il à dire ;-))

Nous avons tous deux apprécié les illustrations et leur style épuré qui à mon avis renforce l’efficacité de l’histoire.

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Enfin, si en tant qu’adulte, le message est connu (voire archi connu) il y a quelque chose de beau et touchant dans sa mise en place progressive et… douce, oui, douce. Il est doux finalement ce soldat et cet album. Doux et humain.

Alors, nous rappeler en douceur et beauté simple que « l’autre c’est nous » ni plus ni moins, ma petite voix dit juste : oui et oui ! Au vu d’une certaine ambiance actuelle, ça ne peut pas faire de mal !

Merci aux éditions Sarbacane et à la voie des Indés !

Davide Cali et Serge Bloch, « L’ennemi », éditions Sarbacane (en partenariat avec Amnesty International), 2016.

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Cette entrée a été publiée le 24 janvier 2017 par dans Littérature, et est taguée , , , , , .

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