Et si…

Emmanuel Villin – « Sporting Club »

Tiens donc, voilà que c’était il y a à peine 3 semaines… enfin, en tout cas même pas un mois… ça du moins, j’en suis sûre… Même pas un mois donc que je découvrais la Voie des indés et pourtant, impossible de me souvenir comment ? C’est qu’elle est parfois fainéante cette mémoire… En tout cas, vu le livre reçu et lu, j’ai bel et bien eu connaissance de la Voie des indés et heureusement : de nouveaux petits/grands éditeurs indépendants à découvrir chaque mois et ce premier livre d’Emmanuel Villin aux éditions Asphalte… Je confirme, le hasard du surf et du saute-page ne fait que m’enchanter depuis quelques mois !

« Sporting Club » s’inscrit, à mes yeux, dans une lignée de livres que j’appelle d’ambiance (j’y avais déjà placé les très différents « Charøgnards », « Pas Liev » ou « Le portique du front de mer »), des livres donc dont la lecture provoque des sensations, des impressions d’étrangeté, de changement de gravité/pesanteur, de perplexité et/ou d’angoisse plus ou moins prononcée. C’est qu’il y a beaucoup de non-dits, de mystère, d’indécidable, voire quelques phénomènes à la limite du réel (à moins qu’il ne s’agisse de simples coïncidences ?)… Ici, toutes ces impressions sont plutôt subtiles, comme un arrière-goût dans un récit a priori réaliste.

Dans « Sporting Club », il y a tout d’abord un narrateur plutôt passif, indécis, et qui, à défaut de savoir (agir ?), semble se laisser flotter/faire. D’ailleurs, il maîtrise à la perfection l’art de la planche qui ne peut mieux illustrer cette tendance à la flottaison (et auquel je ne pouvais être indifférente, le pratiquant personnellement avec tout autant de plaisir) !

« Dans cette position, je me donnais en fermant les yeux l’illusion de l’immensité. »

Ensuite, il y a Camille, ce personnage aux contours flous, insaisissables, toujours fuyant, dont le narrateur ne parviendra jamais à capter l’essence et la vie qu’il souhaite enfermer dans un travail biographique.

Et puis, il y a le Sporting Club dans lequel le narrateur passe ses journées dans l’attente désespérée des appels de Camille. Le Sporting et sa piscine où il développe cette fameuse maîtrise de la planche et de diverses autres nages, là enfin, où il observe les avions le survoler et… la ville…

Car, il y a aussi la ville et la mer. Cette ville mystérieuse, dont on ne sait pas trop à quelle catastrophe elle a été confrontée, ville dangereuse par ailleurs, qui disparaît d’un côté pour tout envahir de l’autre, qui attire et repousse le narrateur dans un double mouvement.

« Je pouvais certes contempler la mer. Mais la mer si elle était une respiration, était tout autant un barrage (Alcatraz aussi avait vue sur la mer, après tout). Elle offrait une ouverture sans qu’on puisse en faire quoi que ce soit et accentuait chez moi la sensation d’être pris en étau entre elle et la ville, laquelle avançait inexorablement et finirait par tout envahir. »

Enfin, il y a de l’humour dans ce roman. Des petits traits qui se glissent ici ou là et qui assaisonnent la lecture.

Merci à Emmanuel Villin, à la Voie des indés et aux éditions Asphalte pour cet agréable et étonnant premier roman !

Emmanuel Villin, « Sporting Club », éditions Asphalte, 2016

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Cette entrée a été publiée le 28 décembre 2016 par dans Littérature, et est taguée , , .

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