Et si…

Frédéric Fiolof – « La magie dans les villes »

Et après Agnès Obel, Frédéric Fiolof. Tout pour m’émerveiller ce matin : que de beauté, de douceur, de sourires, avec il est vrai quelques petits serrages de cœur mais quand ils émanent de tant de poésie, je les accueille avec tendresse… Je repars dans l’ouate de mon nuage… (Plume 30)

 « Parfois, il s’imagine heureux. Il marche dans la rue en bombant légèrement le torse et c’est vrai, les odeurs sont presque des parfums, les visages ne portent plus la même lumière. Les passants n’ont plus la même façon de passer. »

Ce week-end lorsque je lisais Frédéric Fiolof, ma petite voix intérieure minimaliste, monomaniaque et peu soucieuse des répétitions martelait à peu près ceci :  « Oh la la c’est beau ! Woaw, vraiment trop beau ! Et tellement juste avec ça ! Mais c’est moi ! Mon dieu que c’est beau ! Et si joliment formulé, fallait y penser… et cetera » (non… pas littéraire pour deux sous cette petite voix). Mon visage quant à lui était tout en sourires et étincelles dans les yeux… allant parfois jusqu’à la petite larme mélancolique. Tout cela, pour vous dire que j’étais joie, sérénité et contentement. (Plume 36)

« Il regarde au creux de sa main la tristesse qui s’en va. Comme il ne lui en reste plus beaucoup, il la dépense avec parcimonie. La tristesse est un bien précieux avec lequel il ne faut pas se montrer trop prodigue. Il en saupoudre délicatement les arbres, les cheveux de ses enfants, les paupières de sa femme. La mélange un peu à la pruine de ses livres, en fait un duvet invisible sur la joue du temps. Il n’y aura bientôt plus de tristesse dans sa main, et il a peur que le monde prenne froid. »

Oui vraiment, il est incroyable ce livre, je m’y replonge à peine quelques instants afin de retranscrire certaines citations que revoilà ma petite voix minimaliste. Cette fois, elle ne s’encombre même plus de mots, juste des « rhoooooo… ». Et le cœur qui s’emballe… Et cette beauté paisible qui m’envahit… Oui vraiment, il est incroyable ce livre… (Plume 37)

Alors quand l’auteur conclut :

« Ton truc, ce n’est pas un roman… A peine un hoquet de l’âme. »

Ma petite voix rajoute : « oui d’accord ce n’est pas un roman, mais quel hoquet et quelle âme !!! Et quel talent pour nous le transmettre… nous le faire vivre !!! ». Pour sûr, il m’a définitivement convaincue de l’importance de la poésie, de son pouvoir de connexion. Je me suis sentie tellement proche du narrateur… ou plutôt, j’étais le narrateur, je sentais, je pensais, je vivais dans la peau, le cœur et l’âme du narrateur, ce narrateur si humain, si réceptif à ce qui l’entoure, si sensible… si mélancolique et drôle à la fois. Et tout ça grâce aux mots choisis tellement originaux, tellement beaux et finalement tellement ajustés (oui je sais, c’est ce qu’on appelle la poésie mais parfois, il faut du temps et des expériences répétées pour intérioriser certaines choses et enfin les comprendre).

Alors monsieur Fiolof, je vous remercie de tout cœur pour ce moment de poésie et de vie ! Et je garde votre livre sur ma table de travail, tout près de moi pour m’en délecter un peu chaque jour !

 « Quand elle était petite, sa fille refusait de s’alimenter. Elle se détournait de chaque bouchée qu’il lui proposait. Il lui disait tiens, une cuillère pour papa. Mais la petite fille manquait d’appétit, pas de bon sens, et sa réplique était toujours la même : si c’est une cuillère pour papa, c’est toi qui doit la manger. Il fallait bien rendre les armes face à la bêtise des mots. »

Frédéric Fiolof, « La magie dans les villes », Quidam Editeur, 2016

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Un commentaire sur “Frédéric Fiolof – « La magie dans les villes »

  1. Pingback: Plumes 31 à 40 – Emplumeor

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Cette entrée a été publiée le 18 novembre 2016 par dans Littérature, et est taguée , , , , .

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